23 décembre 2008
Et tout ce qui va avec.

14 décembre 2008
Le temps sensoriel
J'ai toujours eu une mémoire un peu particulière.
Chez moi la mémoire est d'éléphant, je n'oublie rien, mais les dates n'ont pas de sens. Le temps est sensoriel et émotionnel. Certaines années semblent ainsi s'être dilatées sur dix ans, d'autres tiennent dans quelques secondes. Un certain nombre ont la consistance dérangeante de la ouate, déformant sons et sensations.
Excepté les anniversaires que je retiens relativement facilement, le reste se bouscule sans chronologie fixe. C'est le contexte émotionnel qui rend plus ou moins vivace ces instants. Un événement arrivé il y a 20 ans peut me couper le souffle, comme une chose passée il y a une semaine peut m'apparaitre lointaine et distendue.
Alors depuis l'enfance je me suis construite une autre mémoire. Sans vraiment le faire exprès, comme un hasard. A un moment ou le froid régnait j'ai engrangé de quoi me réchauffer le temps.
Mes souvenirs sont majoritairement liés à la nourriture. Non que j'ai été un monstre avalant tout sur son passage, mais la nourriture étant une chaleur parmi d'autre, c'est cette chaleur plus facile à trouver que j'ai gardé.
J'ai voulu faire l'inventaire de ces chaleurs là, et en fait..il est bien plus long que je ne le pensais.
Il y a..
les suces miels que ma mère m'achetais au marché pour m'aider à patienter, son soufflé au fromage, la daube provençale, la dinde aux marrons et le gratin dauphinois de sa grand-mère. Les pets de nonne à la brousse que l'on faisait pour le carnaval et dont la recette s'est perdue dans un énième déménagement..
Le sucre trempé dans le vin chaud de ce pêcheur de St Cyr sur Mer, et sa soupe de poissons qu'il préparait sitôt rentré de la pêche, les croutons qu'il me préparait pour tremper dedans, ses mains abimées par les filets et pourtant si douces quand il les réparait.
Les bonbons de la mère Odile, vendeuse de légumes, amoureuse des enfants du quartier, elle avait un énorme bocal de grès dans lequel elle ajoutait toutes sortes de bonbons, on piochait au hasard sans regarder, pour la surprise de deviner au gout..son drôle de grain de beauté, avec un long poil noir qui en sortait. Un grain de beauté de sorcière magique.
Le fiadone de cette boulangère tombée amoureuse d'un corse qui la quitta un soir sans un mot mais en lui laissant cette recette dont je raffolais littéralement. Chaque jour elle cuisinait cet amour perdu.
La pizza au fromage de mes années de lycée, une file d'attente de plusieurs mètres signalait toujours l'entrée du lieu gourmand. Les plus prévoyants passaient commande le matin.
Ce café ou je déjeunais le midi avec un patron amoureux des voyages qui revisitait ses sandwichs avec des noms complètement fous; les sandwichs étaient les même en fait, mais l'on rêvait avec lui , les jours fastes il lui arrivait de venir déguisé :) la tête des ouvriers d'un chantier passés un midi manger et se retrouvant devant un fakir avec turban maniant la pelle à tarte !!
Ce petit restaurant chinois, 4 tables seulement, où j'ai mangé les crevettes les plus piquantes de ma vie. Ses pâtes croquantes au petit gout de noisette..
Les makrouds particuliers que me cuisinait la mère d'une amie, on se brulait pour les manger plus vite, et il m'arrivait souvent de petit déjeuner avec les jours suivant, elle les faisait a la poêle, sans les tremper dans le miel, ils étaient absolument déstructurés mais bons à mourir.
Le thé à la menthe bu au maroc servi par un vieil homme adorable et sage. Les patisseries traditionnelles achetées dans la patisserie officielle du roi ce jour là, et deux gamines de 25 ans se léchant les doigts de gourmandises en plein souk.
Le mafé de la voisine d'un quartier populaire, ces fêtes improvisées quand toutes les familles cuisinaient chacune sa spécialité et le mélange des odeurs et des saveurs ces soirs là, quand il suffisait de passer de portes en appartements pour voyager d'un continent à l'autre..magreb, afrique, asie, europe..tous le monde reunit autour de la même chaleur humaine. Chacun repartait invariablement avec des tupperwears pleins
Le chocolat chaud des gitans, que Carlotta nous préparait après l'école dans lequel on trempait des tartines géantes dégoulinantes de confitures le tout au son de la guitare du mari.
Les palmiers géants gorgés de caramel croustillants de la boulangerie de mon enfance. Je continue d'aller les acheter, au même endroit.
Le pain italien avec ses drôles de formes, ses graines de sésame et sa mie moelleuse.
La Feijoada que cuisine mon homme, souvenir de sa vie au brésil. Les patates douces et le tabasco.
Les crêpes fondantes au jambon et au fromage de Danielle, une femme en or, qui reste à part des autres dans mon coeur.
Le poulet coco de son mari et sa soupe de Romazan; plat national malgache.
Les grillades mangées le soir au ranch, sur un braséro improvisé, les chevaux curieux qui nous soufflaient dans le cou. Cherchant à gratter un bout de pain ou une pomme.
et tant d'autres..
il m'arrive souvent en pensant à une personne d'avoir tout à coup dans la bouche les saveurs associées..c'est une mémoire qui se transmet. De l'amour qui se mange :) pour ne plus jamais avoir froid.
11 décembre 2008
Petit à petit
Cette année j'aurai fait fort.
J'ai acheté et planté le blé le bon jour. Et non pas une semaine après. Voire pas du tout.
J'ai décoré le sapin le 6 décembre, au lieu du 22 :) et j'ai même décoré le buffet du salon, certes avec les moyens du bords mais n'empêche.
Évidemment le gros morceau sera le repas du réveillon, dont je me frotte déjà les mains, même si je sais que je finirai crevée le soir tout en considérant les imperfections inévitables que je me jurerai de résoudre la fois suivante.
Petite revue de troupe:


Et comme tout çà creuse l'appétit..j'ai eu envie de çà:
Mes makrouds ne sont pas aussi bons que ceux que m'apportait la mère d'une copine mais ils étaient honorables :)
08 décembre 2008
Entre fin & début
Je vous disais il y a peu que je ne travaillais pas que sur la terre ces temps ci mais aussi sur d'autres choses.
Lorsqu'un artiste est connu et reconnu la plupart du temps il travaille avec une équipe, au minimum un galeriste..ce qui facilite en partie les choses. Pas besoin de se déplacer pour se faire connaitre, de contacter tel ou tel lieu tout cela est pris en charge et l'artiste peut se concentrer sur la seule chose au fond qui l'intéresse: sa passion.
N'étant pas encore entourée d'une telle équipe (j'ai bien regardé même dans les placards) c'est à moi de penser à ces choses et de les entreprendre. Après avoir passé un temps certain à freiner des quatre fers, je termine cette année et commencerai l'autre dans une optique différente.
Voilà, j'ai donc aujourd'hui un site pro, nouvellement créé par mes soins.
Vous y trouverez toutes mes dernières créations, et je le mettrai à jour régulièrement ce qui permettra plus de clarté.
Ce blog reste ce qu'il a toujours été, un espace de liberté et de partage. Mais avant tout un journal de bord ou je note idées farfelues, délires d'humeur, et évolution du travail.
Dès que j'aurai deux minutes et une connexion potable je mettrai ce lien a jour dans mes colonnes aussi.
Ça ne fait jamais que 3 fois que je refais cette note ..vive le wifi :)
03 décembre 2008
Derrière la fenêtre.
Noël.
Chaque année je me dis que je vais être d'une zénitude confinant au dédain pour cette vague fête aux origines euh, voyons voir coca cola ou religion ? J'ai comme un doute là. En même temps je bois du coca mais ne crois en rien ;)
Les noëls de mon enfance sont un mélange de morceaux plus ou moins heureux (comme l'année ou par manque de place on avait fait le sapin perché sur mon armoire et qu'il m'est tombé dessus dans la nuit...tout le monde à pensé que j'avais fait du catch avec un chat sous acide vu les marques que j'avais ensuite) même si j'ai vite compris que les cadeaux tu évites de les demander rêver quand le père noël de la maison est le fils caché d'Ebenezer Scrooge.
N'empêche, noël c'était aussi ces fabuleux repas dans la famille Scrooge, ah le bonheur des rôtis carbonisés et des pseudo cousins à tendance psychopathes...tout un poème. Je garde d'ailleurs le souvenir de cette robe saumon périmé avec des petits noeuds (horreur et pauvre de moi heureusement j'ai brûlé toutes les preuves) censée habiller la petite fille modèle: moi. Sic.
Et puis il y avait aussi quelques bijoux, la dinde aux marrons de ma mère, que je fais à mon tour, le nougat noir qui collait aux dents, le nougat blanc qui collait à l'assiette :) le chien qui bouffait systématiquement les boules du sapin et allait ensuite vomir dans les chaussures du beau-père (quel est le crétin qui à inventé ces mots d'ailleurs ? Beau père et belle mère ? non mais quelle idée hein.) encore aujourd'hui je suis sure que mon chien faisait çà uniquement par solidatité avec moi :)
Ce que j'aimais aussi, c'était planter le sapin après les fêtes, pour ne pas qu'il meure. Et il existe encore aujourd'hui une maison qui ne fut jamais un foyer mais dont le jardin est plein de sapins. Ces même sapins où je me cachais avec mon chien en rêvant qu'un jour nous serions tous si grands que nous pourrions enjamber les murs qui nous retenaient et partir.
Noël est donc ambivalent.
Aujourd'hui Noël c'est un passage. Une transition, pour moi l'année se termine le jour de Noël.
Bon je dois aussi avouer que je souffre du syndrôme des vieux films. Genre la fenêtre par laquelle la petite marchande d'allumettes rêve en observant la famille parfaite fêter Noël. Et chaque année je suis partagée entre laisser arriver tranquillement ce moment sans céder à la frénésie d'achats et autres joyeusetés et me lancer dans une démonstration du Noël de mes rêves.
Sauf que mon rêve n'est pas forcément celui de tous. Ce qui me protège quelque part d'en faire trop. Ok d'en faire vraiment trop.
N'empêche, pour moi l'amour et la bouffe sont extrêmement liés. Fondus même. :)
Alors ne pas prévoir un feu d'artifice culinaire ce jour là..serait un désamour absolu.
Pourquoi je digresse comme çà ? Aucune idée, peut être juste que j'ai besoin de l'écrire, pour souffler un grand coup. Pour résister à l'envie idiote de déguiser Noël en rachat d'un passé révolu. Pour ne pas oublier que seul le présent compte. Pour me souvenir que peu importe la fillette à la drôle d'enfance, c'est l'adulte aimée et choyée qui compte aujourd'hui.
Peut être aussi parce que l'amour que j'ai pour les miens, pas ceux de mon sang non, ceux de mon coeur, est tellement fort qu'il en ferait presque mal parfois. Que j'ai l'amour maladroit ce n'est pas nouveau, qu'il m'étouffe parfois de sa violence et que j'ai peur d'étouffer l'autre en le laissant sortir sans précautions.
Alors cuisiner c'est mettre de cette force au service de...sans risque de faire mal. Décorer la maison, tapisser le jardin de fleurs, repeindre les murs, déplacer les meubles, autant de soupapes au trop plein émotionnel. Tomber d'épuisement, et sourire, parce qu'alors on peut tomber en douceur, dans l'âme de l'autre, comme une plume, juste aimante, sans violence.
Il me demande souvent pourquoi je veux en faire autant, qu'il n'y a pas besoin de tant pour être aimée je devrais le savoir.
Parce que..parce que ce n'est pas tant pour être aimée que parce que j'ai peur de ne pas savoir aimer simplement..parce que.
Heureusement la terre elle ne risque pas de souffrir, même les jours où je suis ambivalente...
L'enchanteur de lianes est enfin terminé:

01 décembre 2008
Graine de Songes
Je suis toujours malade, mais un peu moins tout de même, les jours passent trop vite et la liste des choses que je dois absolument faire avant noël augmentent à vue d'oeil.
Malgré tout j'ai avancé et terminé mes dernières statues en patine.
Voici Graine de Songes:

Il n'a pas encore de socle donc j'ai pris la photo la statue couchée ce qui donne tjs un petit air étrange :)





