30 mars 2009
Les matins bleus
Bleu, c'est un matin bleu. J'ai des envies de solitude, et la solitude chez moi c'est bleu. Celle là en tout cas.
Besoin d'un grand vide plein de d'absence pour me retrouver, pleinement, respirer un bol d'irréel pour me convaincre de ce réel..
Et ce bleu, qui m'est vital, c'est sur la grève désertée, devant la mer. Ma mer, que je le ressens. Juste avant l'orage, lorsque le ciel s'habille de gris, que les flots préparent leur assaut.. Un bleu fait de vert, de silence hurlant, de sable, d'eau, mon bleu.
Je suis debout, face à ce monde, mi liquide, mi solide, la méditerranée. L'écume chante à mes pieds, le vent s'engouffre indiscipliné, joueur, rageur, nettoyant jusqu'à la moindre trace d'humain. Le sable est balayé, emporté, griffant ma peau, envahissant mes cheveux déjà gorgés de sel.
Une image de fin de monde, ou de commencement, tout est fonction d'angle de vue.
Je ferme les yeux, et disparais. Je suis la mousse bleutée de l'écume s'échouant en murmures sur le rivage, le grain de sable virevoltant au gré du vent, la vague ondulante, brassant les fonds marins...Je ne suis, plus moi.
Moi, un mot étroit, qui parfois m'enferme. Ce que je pense être, suis, serai...autant d'esquisses inachevées, que les regards viennent fausser. Peu importe à cet instant tout cela. Et c'est bien.
Au creux de la tourmente, un cri, strident pour certain(e)s, une mouette, mais Ô combien mélodieux à mes oreilles.. Ma peau frémit au son émis par l'oiseau, je peux presque sentir les battements d'ailes, chaque plume indépendante et pourtant solidaire, vers un seul jeu, voler sa liberté à la pesanteur. Se laisser tomber, flotter, pour mieux remonter, dominer les flots, liquide miroitant..
Le sel et le sable me piquent les yeux, tirent ma peau, bientôt le moment de rentrer..retrouver le monde. Mais je sais bien, que j'attendrai un long moment avant de prendre ma douche. Pour prolonger ce bleu, salé, vivant, solitaire..
Les matins bleus, je voudrais effacer le monde, le temps d'un battement d'Elles.
Les matins bleus :


25 mars 2009
Abandon
Certains sont ravis de retrouver un billet au fond d'un jean à laver (la seule où cela m'est arrivé c'était post lavage ahem...) l'autre jour en mettant de l'ordre dans mes terres j'ai retrouvé un morceau d'un pain que j'avais acheté il y a presque deux ans...bien protégé il était un peu ferme mais tout à fait utilisable :) J'avais adoré travailler cette terre chocolat à la texture douce malgré les grains de chamotte qui la composent, par contre je n'en avais pas racheté n'aimant pas l'après cuisson (sa couleur me limite quand aux effets de patine que j'aime)
Mais toujours est-il que j'étais contente d'en retrouver, vu la petite quantité c'est une petite statue qui est née, une trentaine de cm je pense. Pour l'instant elle est L'abandon.
Je ne pense pas que ce nom restera, c'est juste pour qu'elle ne soit pas encore un anonyme ou un fichier mars 09 bis 218 :)



23 mars 2009
Soupirs
J'ai repris mon inconnue, on s'est un peu parlées, et puis j'ai eu envie pour une fois de laisser quelqu'un d'autre lui parler. Mariposa qui commente régulièrement ici est non seulement blogueuse mais poète, elle m'a fait la gentillesse de lui offrir un nom : Soupirs du Nil.
La demoiselle patiente donc le temps de sécher..et puis je pense que je devrais programmer une cuisson, je commence à manquer de place sur mon étagère, il va être temps pour les statues de passer au feu !


Edit: excuse moi Mariposa je n'avais pas vu la faute de frappe, c'est Soupirs du Nil bien sur..
17 mars 2009
L'inconnue du moment

Elle m'a fait la mauvaise surprise de s'affaisser, la mousse avec laquelle je l'avais calée commençant à fatiguer, une partie importante de la tête a cassé. Heureusement j'ai pu réparer à temps, reste à la bichonner patiemment jusqu'au séchage complet en croisant les doigts.
Et je n'ai pas terminé, il faut reprendre les lignes, affirmer les courbes, soigner les détails...mais çà devra attendre que la terre soit un peu plus dure.
Elle n'a pas encore de nom. Je ne sais pas son histoire. Pour le moment.
16 mars 2009
C'est l'heure
Figurez vous que c'est le printemps. Limite même l'été. Oui déjà. Le tee-shirt est obligatoire la journée et choisir une veste pour sortir faire des courses est comme d'habitude un casse-tête.
Je n'aime pas faire les boutiques, je n'arrive jamais à me résoudre à mettre une centaine d'euros dans une veste donc cela fait 3 hivers que je traine les même vieilleries un peu usées mais quand je calcule combien de terre je peux acheter avec l'équivalent...inutile de dire où va ma préférence.
Moralité à l'inter saison j'ai trop chaud ou trop froid et invariablement je peste que cette fois ci je vais investir dans des fringues avant de hausser les épaules en me disant que dans un mois ou deux j'aurai bien trop chaud pour porter autre chose qu'un tee-shirt donc...cqfd.
Et puis mes statues s'offusquent rarement de ma tenue vestimentaire :)
J'en étais où ? Le printemps.
Tout le jardin est déjà réveillé depuis un bon bout de temps le bougre ! Et moi qui avait toujours pensé ne pas avoir la main verte, depuis deux ans je me régale à planter, repiquer, marcotter (bon ca marche un coup sur deux) et cette année j'ai décidé d'aménager le bestiau un peu plus.
Au programme massif fleuri, rosiers en pagaille, et trimballage intensif de tonnes de terre, terreau et autre fumier. Alors j'ai le teint frais et l'air heureux, par contre mon dos lui fait toujours son capricieux. Il n'a pas encore compris que je suis plus têtue que mes vertèbres :))

Évidemment je continues de travailler aussi. Quelle idée ! ;)
12 mars 2009
Juste fermer les yeux.

Manifeste pour une débaptisation massive.
Habituellement sur ce blog je partage mon travail, je vous montre l'évolution, les balbutiements et aussi les erreurs. Pas de polémique, juste un partage.
Mais hier en faisant ma tournée du matin des blogs que j'aime lire je suis tombée sur une note concernant l'Eglise catholique et ses positions plus que contestables. De fils en aiguilles plusieurs ont noté que nous sommes nombreux et nombreuses à faire partie des listes de l'Eglise au titre que nos parents nous ont baptisés bébés.
Certains sont croyants aujourd'hui et ne se reconnaissent plus, non dans la foi, mais dans les actions des hommes qui dirigent cette Eglise. D'autres sont athées ou agnostiques et ne voient pas pourquoi leurs noms devraient venir grossir les listes d'un registre religieux auquel ils n'appartiennement que par un acte isolé dépourvu de sens à leurs yeux.
Tous et toutes ont en commun de rejeter les actions du pape, depuis le négationisme toléré (!) jusqu'à l'excomunication d'une mère et d'une équipe soignante pour avoir choisi de proteger la vie d'une fillette. Je ne reviendrai pas sur l'histoire les média l'ont assez relayée.
Je suis agnostique, et baptisée. Si je respecte ceux qui ont une foi faite de chaleur et de sincérité je refuse que mon nom apparaisse dans les registres d'une Eglise tenue par des hommes qui me font honte, si ce n'est à titre de croyante, à titre d'humaine.
De ces échanges entre lecteurs est né une idée, une débaptisation massive.
Un manifeste à été écrit par deux blogueuses : Caroline et Dom.
Manifeste pour une débaptisation massive
Parce qu’on ne m’a pas demandé mon avis le jour où le curé m’a baptisé(e).
Parce qu’aujourd’hui, je conteste les positions de Benoit XVI sur la contraception.
Parce qu’aujourd’hui je refuse d’être assimilée à une secte qui condamne les mères parce qu’elles ont voulu protéger leur enfant d’une grossesse subie.
Parce que je refuse l’obscurantisme.
Parce que je me situe du côté de la vie réelle et non d’une idée de vie qui commencerait avant les douze semaines de grossesse
Parce que je reconnais la Shoah et qu’il m’est insupportable qu’un évêque qui la nie ne soit pas excommunié
Parce que je ne peux appartenir à une église qui ne reconnait pas la réalité du sida
Parce que j’utilise des préservatifs et que rien que pour ça je suis hors la loi canonique
Parce que je ne veux plus apparaître sur le fichier des baptisés, ne me reconnaissant plus dans cette Eglise qui ne sait que condamner
Je décide aujourd'hui de demander ma débaptisation.
Si vous aussi vous voulez manifester votre opposition au dogmatisme et au radicalisme catholique tel qu’il grandit à Rome, envoyez votre demande à la paroisse qui vous a baptisé et faîtes passer ce manifeste.
Il y eut les “Salopes”, il y aura les “Excommunié(e)s volontaires”.
il existe également un groupe sur facebook auquel vous pouvez adhérer.
10 mars 2009
Le murmure de l'Onde


Parfois je me demande d'où elles viennent..
07 mars 2009
Petit rangement.
Considérant que je suis partie pour une nuit blanche (encore qu'il fasse noir même pendant les nuits blanches..allez comprendre) j'en profite pour mettre de l'ordre.
Il faut savoir que j'ai le désordre organisé. De celui qui s'étend..doucement mais surement.
Au fil des notes de ce blog j'ai posté pas mal de photos, et je me suis rendue compte qu'au final pour ceux qui souhaitent voir les statues c'était devenu un joyeux bazar. Pour rester polie.
L'occasion de repenser la chose.
J'ai enlevé tous les albums sur le côté gauche, je les ai remplacé par les années : contenant les photos des statues créés ces années là, logique, ainsi qu'un album statues en cours..pour celles qui n'ont pas encore passé l'épreuve du four.
Bon il faut évidement que je pense à actualiser au fur et à mesure pour que cela reste cohérent mais déjà c'est un pas pour plus de clarté.
Si ca continue je vais attaquer les vitres..parce que l'aspirateur il parait que c'est bruyant à 2h du matin :)
06 mars 2009
Temps de glaise
Parfois les mots se bousculent aux gravillons, projetant leurs idées avec l'insistance d'une chanson d'autrefois. Une de celle que l'on chantonne distraitement, presque malgré soi. Parfois.
Et puis, d'autres instants semblent habités de vide. Celui là même symbole de rien, d'absence de soi, d'incohérence de voies. D'affrontements ratés, d'idées inutiles parce que faussement vraies, ridiculement tournicotées.
Parfois les mains ont un langage propre qui demande la bénédiction du faire. Dans la dissolution et l'invention les idées s'infusent doucement, lentement, et sans y penser, mon esprit enfin dessine une paix.
Oui parfois je m'enfuis loin, tout mon être n'existe plus, seules mes sensations perdurent. Dans ces moments là, j'ai le tactile volubile...j'ai l'argile indocile.




