29 mai 2009
Songeuse
Depuis vendredi j'ai eu beaucoup de mal à poster. Entre l'attente un peu stressante, puis aller reprendre mes pièces, jouer à tétris avec les statues cuites en essayant si possible de ne pas en briser une de plus au retour..
Ah oui, aucune statue ne s'est cassée pendant la cuisson. Bon j'en ai toujours 4 cassées dont deux irréparables (oui vendredi j'avais carrément oublié une statue...ahem, de toute façon elle était déjà cassée et irrécupérable ...)
Donc je suis rentrée tard et toute la fatigue nerveuse m'est tombée dessus je crois. Le lendemain matin j'ai sauté du lit sitôt réveillée pour faire une inspection plus poussée et commencer les patines.
Certaines devront repasser par la case cuisson (joie) puisque je vais les émailler.. les autres sont déjà pour la plupart en cours de patine. Mon atelier est un chantier sans nom, les émanations de cire sont assez forte pour saouler à dix mètres et trainent toutes sortent de pots aux couleurs bizarres et pinceaux plus ou moins en bon états. Le bonheur donc :)
La patine c'est le moment où tout ce que j'ai imaginé, souhaité créer prend forme..quand tout va bien elle révèle ce que je souhaitais montrer..
Mais patiner c'est aussi risquer de tout perdre, s'apercevoir que l'on a raté le moment, que la statue est comme morte, inexpressive, fade..absente. Dans ces cas là, elle redevient terre sèche, stérile, dure..impitoyable.
C'est plutôt rare, mais ces moments là...c'est une vague qui dévaste de l'intérieur. Qui remet tout en question..
Donc ces jours ci je suis immergée dans les patines, et les visages qui se révèlent peu à peu, les petits détails importants à fignoler..
Pendant ce temps là je ne peux pas sculpter de nouvelles statues, plus de place et pas la disponibilité d'esprit non plus.
Mais le weekend end dernier pour oublier mon stress j'ai travaillé. Et de rêveries en associations d'idées, de ressentis et imaginaire une petite est née. Pour l'instant elle est Songeuse, mais ce n'est pas son nom je pense.


Merci pour les petits mots, pour les mails et les attentions. Cela n'a pas de prix.
20 mai 2009
Soleil noir
Parfois je voudrais pouvoir pleurer. Là comme çà, comme une enfant, devant tout le monde, sans me soucier de ce qu'en penseront les autres. Sans retenue, pleurer comme on explose un barrage et tomber épuisée dans un sommeil sans rêves.
J'ai ce matin chargé mes statues prêtes à cuire et pris la route. Deux voyages, 3 cassées. Deux irréparables..une ..je ne sais pas. Alors oui, 3 sur 20..mais chacune est importante. Chacune représente un voyage, unique, particulier, impossible à refaire.
Quand je suis arrivée sur le lieu de cuisson, je n'ai pas eu le droit de préparer le four, ni même de pouvoir rester pour vérifier qu'elles seront bien placées, sans casse supplémentaire, sans heurts inutiles. Le four sera préparé je ne sais pas par qui, ni comment...j'ai du laisser toutes mes femmes seules. A la merci d'un autre. D'un étranger. Presque 8 mois de travail ...
Lundi ou mardi, je saurai. Qui a résisté, qui est morte. Seule.
Je suis partagée entre l'envie de pleurer et celle de vomir. Et je sais que pour tous ou presque je suis folle. Comment expliquer ?
Si les fours étaient moins chers..si je vendais plus régulièrement et plus..si ...je pourrai éviter beaucoup de soucis, de casse idiote, je pourrai travailler de façon plus professionnelle.
Oui mais voilà, tout est toujours une question d'argent. Au final.
Là, j'ai juste le coeur en miettes.
18 mai 2009
Madone
Dans ma dernière note je parlais d'un blog, aujourd'hui il met à l'honneur le corps des femmes:
Celles de tous les jours qui ne posent pas dans les magasines de "beauté", qui sont rondes, minces, filles, femmes, mamans, amantes, rebelles, souris, complexées, fières, voluptueuses, tendres, rieuses...pleines d'humour et d'assez de cran pour oser se montrer, dans leurs jolies imperfections, dans leur réalité.
Des femmes, loin des images photoshopées véhiculant des images irréelles et même dangereuses.
Si vous ne connaissez pas, prenez quelques secondes pour regarder ces femmes, chacune est unique. La beauté n'est pas dans l'uniformité mais dans la différence...
Je ne serai jamais une de ces femmes sur laquelle les gens se retournent dans la rue et j'en ai pris mon parti. J'ai mes propres qualités et dans les bons jours j'arrive presque à m'aimer. Mais si le monde extérieur me semblait moins formaté, peut-être serai je plus facilement en paix avec moi.
En attendant, je fais la paix à ma façon, chaque jour, en plongeant mes mains dans la terre, en créeant mon propre monde, dans lequel les femmes sont en paix..enfin la plupart du temps !
Voilà un moment qu'une Madone me hantait, je crois qu'elle est en train de naître.


15 mai 2009
Jusqu'aux oreilles.
Et même un peu plus haut. Le sourire.
J'en ai mal aux joues.
Aujourd'hui je m'accorde déjà un plaisir rare, je vais voir une pièce de théâtre, une comédie, drôle donc, légère, écrite par quelqu'un que j'aime bien. Vraiment bien même. Caroline me fait rire, sourire, réagir, ronchonner aussi parfois, debout sur le clavier pour écrire plus vite. Il m'est arrivé plus d'une fois de sentir rouler une larme, que ce soit en la lisant, ou bien en lisant les commentaires chez elle.
Je suis même arrivée à souhaiter un jour rencontrer certaines des personnes que je croise entre les mots, dans son chez elle, qui est devenu un peu mon troquet favori. Celui ou l'on passe prendre un café et une part de gâteau décadent tout en papotant avec les copines.
Qui plus est la pièce n'étant pas vraiment à côté de chez moi, je fais soirée commune justement avec deux chouettes nanas de "Chez Caro" le troquet sympa (faut suivre) et pour finir je squatterai même un lit pour la nuit, parce que rentrer en train de nuit..je n'étais pas motivée.
Donc disais je, je sors. Évènement en soi. Loin. Si, au delà de 20 kilomètres c'est loin. Et je vais rire. Forcément.
Mais !!!
Ce n'est pas tout.
Fiston de coeur de moi que j'aime préparait cette année des concours pour intégrer une école de commerce HEC pour les intimes.
Il a douté, craint de ne pas y arriver, douté encore, s'est remis en question, à hésité...mais aussi, travaillé, travaillé encore et encore.
Et aujourd'hui les premiers résultats des écrits sont tombés. Sur 18 écoles il à obtenu d'être admis à 15 oraux. Il lui reste maintenant a choisir quelles écoles privilégier..puis préparer ces oraux, et faire un tour de France express avec en vue une dizaine d'oraux en 12 jours.
Qui plus est il appréhendait l'épreuve de synthèse de français et a obtenu la note de 18,5 sur 20.
Je suis au delà d'heureuse, même si le travail n'est pas fini, rien n'est joué, mais de bonnes chances lui sont ouvertes.
Alors c'est certain que quelques écoles font rêver..et d'autres moins.
Bizarrement Lille ne possède pas le charisme de Sophia Antipolis. Ni de Monpellier. Il est vrai aussi que la première année il sera loin. Tout seul. Tout seul. Et loin.
Donnez moi un prozac. :)
Mais une chose après l'autre.
Là, j'ai juste le sourire...jusqu'aux oreilles. Et plus !
Ah oui en passant la fin de Nocturne :

13 mai 2009
Prends donc une anisette !
Par chez moi, le pays du pastis et de l'OM. Oui je sais ...vivre dans mon coin n'est pas toujours une sinécure. Certes il pleut dix jours par an, certes le mistral chasse souvent le gris des pensées, quand il ne rend pas fou, certes c'est la Provence, les cigales, les pins parasols, la mer, le sable chaud et tout et tout. Mais bon être résumé le plus souvent au pastaga et à l'OM c'est fatiguant vous dis je.
Bref.
Laissons là cigales et huile d'olive.
Pour les joies de l'administratif. Le pur, le dur...l'incorruptible : j'ai nommé le fonctionnaire.
Celui qui après 2 mois de retard se débrouille de vous envoyer un formulaire à remplir et renvoyer avant au hasard le 6 mai 09. Courrier recu aujourd'hui. Soit le 13 mai.
Joie...
- Que celle de découvrir qu'il me faut une assurance civile pro pour dans ...deux jours.
non parce si moi je suis bordélique..moi au moins je ne suis pas fonctionnaire. Dans la vie faut choisir.
Quand le gentil monsieur venu vider les eaux usées à trébuché..sur elle. Explosant au passage tout le bas de la statue.
Té. Prends donc une anisette va !
Aurait dit le Cacou du coin. Qu'est ce qu'un Cacou ? Oh c'est une
espèce protégée, vivant dans le sud de la France, nourrie au pastis, à
l'huile d'olive, jouant entre deux résultats sportifs au boules (la
pétanque pardis!) et donnant son avis à tout le monde de préférence
quand nul ne lui demande.
J'aurai passé ma semaine au téléphone, dans les papiers, les chiffres, les incompréhensions..loin de ma terre. Sans avancer sur mes objectifs, pour des choses certes qui me concernent..mais qui sont à mon sens du temps perdu.
EDIT: je m'aperçois par pur hasard que ma boite mail visiblement est capricieuse, je n'avais pas vu les derniers commentaires sur cette note et d'autres..je réponds dès que je peux promis !
06 mai 2009
Jeu de patience.
Aujourd'hui j'ai pu travailler. Mais j'ai bataillé sans arriver à trouver le chemin. Clairement quelque chose m'échappe..en désespoir de cause je vais laisser la nuit passer..peut-être demain sera t-il plus clair..

Va chercher bonheur.
Or donc..
Hier matin ma journée à démarré en fanfare. Détartrage express de la cafetière puisque selon un appel du constructeur certaines de ses machines souffriraient..d'un léger défaut. Léger. En gros je risque ma vie à chaque café. Si la bestiole est trop entartrée elle pourrait se disloquer entrainant des lésions possibles. Sic.
En gros elle explose, dosette brulante comprise.
Sauf que j'attends depuis 15 jours le carton spécial pour la renvoyer au constructeur et la faire vérifier. Sauf que mes z'hommes sont accros au café, alors entre l'explosion caféinée et le sevrage ils n'ont même pas réfléchi une seconde.
Hier matin donc toujours pas de carton mais une enveloppe du constructeur avec un sachet de détartrant magique. En attendant. Donc je suis sage, (et j'aime mes z'hommes aussi) je détartre. 2 fois. Je rince, 2 fois.
J'étais arrivée au stade du test post détartrage : le café est-il buvable ou innommable ?
Quand pouf. Voilà t-y pas que la machine à laver me vomit l'eau à gros bouillons sur le sol, pile sur le congélateur.
....Y'a des jours..faudrait pas se lever d'abord.
Je laisse donc mon café poireauter et je joue au mécano des tuyaux avec le fiston en renfort.
Et vas y qu'on démonte un cintre pour situer le bouchon et qui sait..déboucher simplement le bazar...rêvons...
Oui ben les rêves hein.
On a terminé par scier les conduits, toujours pas de bouchon. Enlever tout ce qui pouvait l'être. Verser de l'eau chaude dans le conduit qui s'enfonce dans le sol. Et là...le gag. Aucun bouchon.
Aucun.
Arrivés là, il ne restait plus qu'a aller chez mon copain leroi perlinpinpin pour acheter de nouveaux tuyaux, puis jouer encore au mécano, puis coller le bazar, le reposer et tester à nouveau.
Et là. ben çà marche..
Après une fine analyse de la situation par l'Homme..il semblerait que la vidange des eaux usées date de ...euh...trop longtemps. En gros c'est plein.
Donc jusqu'a mardi, nous sommes priés de ne pas laver le linge, eviter les bains, limiter l'usage de l'évier (vive le lave vaisselle ou comment stocker la vaisselle sale) et faire pipi léger.
Amis de la poésie bonjour.
Bon c'est pas tout çà mais j'ai une machine entière à sortir rincer au tuyau d'arrosage dans le jardin, à l'ancienne (çà me rapelle les années ou j'allais laver le linge au lavoir si si j'ai connu...joie) l'essorer, en attendant de pouvoir relaver le tout.
Et éventuellement bosser un peu aussi. Parce qu'hier on a fini de jouer à 19h.
J'oubliais..une copine qui me demande un service et devant mon refus (impossible je n'ai pas le temps) me sors la phrase magique : mais tu es à la maison tu bosse pas toi !
Avec ce genre de phrases pas sur qu'on soit copines très longtemps.
Sur ce...bonne journée :)
EDIT: surtout que je suis SCULPTEUR. Que je travailles chez moi ne change rien au fait que c'est un travail. En plus çà sous-entend que les mamans au foyer ou les femmes qui sont chez elles passent leur temps à se faire les ongles. J'ai vu plus de secrétaire se les faire perso. Pardon pour les secrétaires :) celles que j'ai vu étaient des cas je reconnais. ;)
05 mai 2009
A l'ombre du mois de mai...
La semaine dernière j'ai passé mon temps à courir. Nocturne est restée seule, abandonnée (mais en apparence seulement) dans l'atelier sous un tissu humide.
J'ai cogité, parce que j'avais une idée relativement précise en tête. Pour la patine finale (oui je sais la statue n'est pas même terminée..), pour le pectoral dans lequel je voulais inclure de vraies perles.
J'ai fait quelques lieux qui dans mon souvenir étaient prometteurs..et je suis revenue bredouille. Enfin disons que j'ai bien glané quelques bricoles mais rien en rapport avec Nocturne.
Alors j'ai decidé que c'était mieux ainsi, et j'ai repris mes outils, ma terre et mon courage à deux mains :)
Il y a peu de temps je disais que j'aimais le style épuré. Bon, là je suis partie sur l'extrême inverse. Des détails, des détails et encore des détails. Je suis ce que la terre me dicte, sans réfléchir, sans penser. Et j'aime. Ma foi.
Alors le nom changera probablement je pense, mais pour l'instant voici Nocturne :

Les détails du socle :

les détails du pectoral :

Alors sa tête peut paraitre étrange puisque pas terminée, en posant une boule de terre une autre idée est venue, que j'ai juste esquissée pour ne pas perdre l'élan premier mais je dois être la seule à visualiser la chose pour le moment je préfère attendre pour vous dire d'être sure..
01 mai 2009
De l'importance des petits détails.
Souvent il faut peu de choses au final pour transformer une certaine tristesse en douceur.
Quelques mails échangés, un fou rire au téléphone, une idée de statue. Un moment complice avec le fiston, discussion animée au milieu d'un magasin de livres entre l'architecture de GAUDI, sa Sagrada Familia:

le parc Büel : (on en voit un joli morceau dans le film les poupées russes)

les peintures de KLIMT:

Autant d'échanges imprévus qui m'amènent à sourire.
Et puis j'ai un peu avancé mon égyptienne, commencé à graver des hiéroglyphes sur le socle avant de traiter le collier qui lui couvrira la poitrine. Travail de précision et de patience...
Et au milieu de tout cela, le quotidien reprend ses droits, les beaux jours annoncent leur cortège d'amis et de repas de retrouvailles. Autant d'heures volées à ma terre. Autant de sourires à engranger aussi !




