25 juin 2009
Comment dire ?
Parfois, j'ai le cerveau qui tire le rideau. Surtout depuis une semaine en fait.
Je vous ai pas dit ? Mon grand petit qui a passé ces fameux concours pour les écoles de commerces..Celui là même qui nous expliquait au mois de mars que non vraiment il n'était pas sur d'y avoir sa place dans ces écoles..celui là encore qui nous à fait stresser, cogiter, s'inquiéter, douter (et si on le poussait trop ? ou pas assez ? ou pas au moment ? Ou...et si on arrêtait les si ? hum ?) stresser, ah je l'ai déjà dis çà.
Bref ce grand gaillard avec sa tête de môme qui à peur, il à brillamment remporté son pari. Sur le premier concours 5 écoles sur 7 l'ont pris, avec des notes de 20/20 pour plusieurs à l'oral. Et il doutait. Mouarf. Bon ok nous aussi on doutait, mais pas qu'il ait les qualités requises, plutôt qu'il s'autorise à tenter l'aventure.
Or donc, il peut déjà envisager des lieux de scolarité aussi tentateurs que Lille. Ou St Etienne, ou Amiens (c'est où çà d'abord ?) Strasbourg (youpi) et d'autres. Parmi les autres écoles, il y a celle de Montpellier. La plus proche de la maison avec un cursus intéressant sans prendre un crédit sur 3 générations.
Il lui reste les résultats du 2eme concours à attendre puis à faire son choix définitif. Moi il me reste à me persuader qu'en Septembre il ne sera plus là. Pour de bon. Peut-être certains weekend. Ou pas. Il reste les vacances. Ils ont des vacances quand même ? Hein ?
Alors voilà, depuis les premiers résultats, j'ai soufflé un grand coup, parce que c'était très important, qu'il va acceder aux moyens de concretiser son avenir et s'ouvrir les portes de rêves plus grands. J'ai soufflé aussi parce qu'avec son père depuis 3 ans on marche à ses côtés, pas trop près, mais jamais loin, pour le retenir s'il tombe, ou l'aider à se relever seul, parce que tomber fait aussi partie de la vie. Se relever fait souvent partie de l'envie, et un peu de l'amour. Celui qui nous rassure, qui fait que l'on est pas seul, même à 900 km de chez soi.
Donner des racines et des ailes aux enfants...il à des racines, il peut enfin ouvrir les ailes.
Et je me prends à rêver de vie à deux avec mon amoureux, de réussite dans nos passions/métiers, de vie où certaines peurs seraient tenues à distance..de grande maison, assez grande pour accueillir ceux que l'on aime, mine de rien il y a en a quelques uns. De grande tablée, d'arbres dans lesquels des enfants construiront des cabanes et des balancoires. De petits enfants...et forcément de montagnes de gateaux et autres douceurs !! Logique :)
Alors ...par moment je suis là, et puis je suis là bas, dans cet ailleurs un peu fouilli, fait de beaucoup de rêves et d'envies. Je suis sure et cela depuis 2 ans, qu'un jour quand le moment sera venu, cette maison nous trouvera.
En attendant j'ai les mains dans la terre et trop d'idées et pas assez d'heures. Et je suis distraite. Aussi.
Ce qui fait que hier après 7 heures de travail j'ai stoppé la journée, et pris quelques photos comme toujours pour garder une trace de l'évolution du travail. J'allais remballer quand j'ai regardé rapidemment les photos...pour m'apercevoir que j'ai un décalage entre les deux yeux. Qui saute, aux yeux. Ahaha. Sauf que pendant toute la journée j'avais le nez dessus sans le voir. Un comble.
La photo neutre m'a montré ce que mon esprit avait zappé.
Le cerveau qui tire le rideau, au milieu d'une conversation, d'un film, et visiblement au milieu de ma terre. Ce qui fait plus mal.
Donc pas de photos, et je n'ai pas encore osé affronter le problème. Un peu peur d'aggraver les choses, de ne pas trouver la magie du moment, de rester juste sur la fatigue et la frustration.
Comment dire ?
Commentaires
C'est un billet sensible, drôle et infiniment attachant, avec la petite pointe de... qui sourd doucement.
Bien sûr que nous savons que le nid n'et plus assez grand pour contenir l'envergure des ailes de nos enfants, bien sûr que nous avons travaillé à peu près deux décennies pour lisser leur plumage, les réconforter, les encourager, les élever, c'est à dire les tirer vers le haut, et bien sûr que nous savions que Après, c'est juste une question de vocabulaire,un truc qui dit "déjà ?" et dont on n'avait pas franchement compris la signification.
N'empêche, vous êtes des parents formidables, la preuve, je viens de lire ce que le grand petit s'apprête à faire.
Il reste du temps So pour apprivoiser ce grand temps qui va rester, je sais que tu vas en faire quelque chose de beau et d'unique.
Tu ne sais pas comment dire, mais tu le dis si bien. Je suis très émue à travers tes mots, moi qui viens tout juste de déployer mes ailes pour sortir du nid !
C'est une trés belle métaphore , qui me touche et me met les larmes aux yeux, j'aurais aimé être aussi généreuse au moment ou mon petit grand a lui aussi quitté le nid......
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