sous la peau les mots

et réciproquement.

04 septembre 2010

A l'aube des jours passés.

J'ai parfois la sensation d'être sans arrêt en décalage. Avec moi, les autres, le temps.

Comme ces acteurs qui doivent défendre un film qu'ils ont terminé voici deux ans. Entre temps ils ont eu de nouveaux projets, des enthousiasmes, de rires, des peines. Mais soudain parce que le premier film sort enfin au cinéma, ils doivent replonger dans le passé, et en faire un présent vibrant, alors même que leur coeur est ailleurs.

Je prépare une expo, avec tous les petits détails comme fabriquer de nouveaux socles pour s'adapter au lieu. Choisir quelles sculptures j'emmène.

Et c'est pour moi comme feuilleter un album de photos légèrement jaunies par le temps.

Là, maintenant ce qui me fait vibrer c'est les créations à venir, les idées qui se bousculent sans trouver de place, ce pain de terre chamottée que je ne pensais pas trouver, et qui ravive un amour pour une certaine terre. L'envie d'explorer plus loin, le désir d'être moins sage. Une certaine envie de sauvagerie dans ma terre.

Au lieu de cela, je poursuis sagement mes préparatifs. Je vais montrer des sculptures qui pour être de cette année sont déjà à l'aube des jours passés.

 

Posté par souslesmots à 12:07 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Je comprends ce que tu vis. Je ressens la même chose par rapport à ma poésie. Il se passe tellement de temps de temps entre le moment où on a créé/écrit et le moment où on partage que le décalage n'est pas toujours facile à vivre ! Ce que nous mettons au monde est un reflet d'un moment de vie, unique et qui ne repassera pas.

    Posté par Mariposa, 12 septembre 2010 à 11:02

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