sous la peau les mots

et réciproquement.

01 février 2011

de la distorsion du réel.

Il y a parfois de simples discussions autour d'un maté qui prennent des allures d'exploration de l'être.

Entre notions abstraites et réalités concrètes. Entre le réel objectif (mais qui peut le déterminer ?) et celui subjectif, distorsion plus ou moins perçue.

Je peux identifier un réel relativement objectif, celui que je vais intellectualiser, raisonner, trier, structurer au regard de mon apprentissage de la vie, des lois de ce monde: physiques, sociales et ainsi de suite.

Et puis, telle une fine pellicule dont je serai la seule à percevoir présence et texture, un autre réel existe. Le mien. Subjectif, émotionnel, irrationnel, nourri de tout mon vécu, bon comme mauvais, équilibré comme bancal.

Cette enveloppe, c'est ma distorsion personnelle. Intime. Privée. Pourtant c'est cette invisible présence qui régit une partie de mon relationnel, de mon imaginaire, de mon rapport à ce monde. Une partie de l'étrangeté que je ressens à y vivre, une partie de moi qui se débat entre étirer cette pellicule, la déchirer, pour rejoindre ce réel objectif..celui qui permet d'être sur la même planète que les "autres" et renoncer, parce que l'effort est trop lourd, trop constant. Et tel un élastique qui claque sur la peau rougie, ma distorsion claque sur ce réel objectif, le faisant trembler, onduler, mirage qui s'éloigne à nouveau.

Prométhée avait un aigle qui lui dévorait le foie, d'une certaine manière, on peut dire que ma distorsion dévore mon réel objectif.

Parfois, j'arrive à distraire l'aigle, je peux presque toucher un réel débarrassé de toute distorsion, mais toujours l'aigle revient. Alors, j'apprends à cohabiter. Je ruse, je troc, je hurle parfois..certaines fois je souris aussi.

Mais je sais, que l'idée de réel n'est pour moi qu'une cohabitation d'images impermanentes et fugaces. En fonction de mon état d'être je vais en favoriser certaines plutôt que d'autres, simplement.

il est dans la nature humaine de vouloir figer les choses, pour se rassurer, tel un enfant qui vingt fois enlève et remet le cube dans l'empreinte, pour vérifier que celle ci n'a pas changé de forme, nous voulons un réel objectif qui nous rassure.

Alors le ciel est bleu, des déités parsèment notre histoire, et en tout nous cherchons début et fin..la créant au besoin.

Distorsion quand tu nous tient.

Posté par souslesmots à 13:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Wow ! Ce fut un maté philosophique !
    Moi aussi j'aime les discussions de ce genre autour du thé et si possible pas trop loin d'une cheminée qui fait soupirer le bois. Celle qui m'a le plus marquée s'est déroulée dans une yourte au fond d'une forêt landaise ...

    Posté par Mariposa, 02 février 2011 à 14:31

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